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Quand j'étais jeune, il y a longtemps, longtemps de ça.
Une époque si brumeuse dans ma chronologie mentale qu'elle me parait une autre ère.
Ere d'idéalisme naïf, peuplée d'innocence et de rêves...
Il me suffisait de mes deux jambes, pour traverser le Monde, et enivrer mes sens jusqu'à l'overdose.
Que son horreur et sa splendeur me crêvent les yeux.
Que mes tympans saignent les pleurs des vent lointains, des chants sacrés.
Toucher la vie, en vraie, à m'en brûler les doigts, les ailes et le coeur.
Et puis me taire. Humble, devant tant de beauté et de misère.
Mon corps pour seul transport, ma soif pour seule boussole.
Far, far away.
Loin de cette putain de société sédentaire, engorgée d'abondance et de besoins illusoires. Dérisoire.
Je suis née dans du coton, j'ai dormi dans du satin, j'ai marché sur du marbre.
Mais moi, j'ai le sang nomade.
Je rêvais de chemins de poussière et de boue, de forêts sauvages, d'éternels déserts blanc.
De Sibérie et d'Alaska, de la chaleur du Sahara.
De reliefs agressifs et dévorants, où la roche transperce et la neige avale.
... Mes lointaines contrées...
Je voulais l'horreur tout près de moi, peuplades meurtries, les enfants au regard douloureux.
La mort juste à mes pieds. Mourir aussi, peut être...
Je voulais connaitre le Monde tel qu'il l'était. Splendide. Aride.
Comme chaque réalité.
Je voulais tout voir, tout comprendre, tout entendre.
Je voulais connaitre la vérité.
Juste mes jambes pour me porter, ma volonté pour avancer,
mes souvenirs et les images pour seuls bagages, à jamais gravé dans ma mémoire.
Voila ce que je voulais, à 15 ans, alors que les autres prenaient goût aux grandes vanités,
Moi, je voulais offrir mon âme à la Terre entière.
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